HIDDEN STAR, de Peter-Conrad Beyer (Ciné)
précédé de
LE PHARE DES ROCHES-DOUVRES, de Yann Paranthoën (Radio)
Une soirée en clair-obscur, autour de phares maritimes et d'orfèvres du son et de l'image.

LE PHARE DES ROCHES-DOUVRES
Documentaire radiophonique de Yann Paranthoën
France, 1996, 46 minutes
Que ce soit dit en préambule: dans le petit monde de la création radiophonique, Yann Paranthoën fait un peu figure de monstre sacré. Entré en 1957 à la radiodiffusion française comme simple opérateur de son, il est devenu aujourd'hui une référence incontournable pour qui s'intéresse à la radio comme mode d'expression artistique. Incontournable, mais aussi quelque peu encombrante, il faut bien le dire, pour ce qui reste par ailleurs un modeste médium du quotidien, généralement soumis à des contraintes techniques puissantes et mouvantes, et peu propice à une culture des « auteurs ».
Quoi qu'il en soit, par sa pratique intransigeante du corps-à-corps avec la bande magnétique, par son usage du temps et son sens de l'épure, par sa façon de se servir des voix et des sons comme de couleurs posées sur une toile, Parenthoën a ouvert des voies inédites au développement d'une forme d'artisanat sonore.
La séance de ce dimanche nous donne l'occasion de présenter une de ses œuvres les plus tardives, mais aussi des plus réussies, dans laquelle se déploie tout son talent et sa sensibilité. Paranthoën s'intéresse dans ce documentaire à un phare situé à une quarantaine de kilomètres au large des côtes d'Armor, à une époque où celui-ci est encore l'un des derniers à ne pas avoir été automatisé (il le sera quatre ans plus tard). Entre le grondement assourdissant des vagues, le silence des couloirs, le poste de radio, les voix parcimonieuses des gardiens et celles de leurs femmes restées sur le continent, il livre en même temps qu'un document-témoin sur un métier disparu, le splendide portrait sonore d'une machine habitée.
Que les puristes nous pardonnent, le documentaire sera présenté ici dans sa version courte, remontée par Paranthoën quelque temps après la réalisation de la pièce originale pour répondre aux exigences d'un concours. Cette version constitue néanmoins une excellente porte d'entrée vers l'univers de l'auteur.
HIDDEN STAR
Court-métrage de Peter Conrad Beyer
16 mm / Noir et Blanc / Sonore / 10 minutes
Allemagne, 2002
Le synopsis de Hidden Star nous dit : "L'étoile cachée qu'on ne trouve qu'après un combat mené contre soi. Une étoile qui est en chacun de nous. Toi aussi, tu peux la faire briller."
Derrière cette phrase aux apparences romantiques se cache une véritable bataille entre l'ombre et la lumière. Ce film nous entraîne dans une approche mesurée pas après pas d'un phare et de son faisceau lumineux qui transperce la nuit au beau milieu d'un champ de bataille. C'est encore un combat avec la matière argentique développée dans une baignoire et qui porte encore quelques traces de ce corps-à-corps avec l'artisan cinéaste. Hidden star s'impose donc ici comme une réponse visuelle au « tailleur de sons » qui ouvre cette programmation, et plus simplement comme le portrait d'un phare en l'an 2000, une balise dans la nuit déshumanisée, automatisée.
Le film sera projeté en pellicule 16mm venue tout exprès de Paris, ce qui explique les 2 euros d'entrée qui vous seront demandés au lieu de l'euro habituel.
Au plaisir de vous voir nombreux à cette séance!
Ouverture des portes à 20h
Début de la séance à 20h30
PAF: 2 euros
Pour vous rendre au Cercle, vous pouvez par exemple emprunter le bus 21 et descendre à l'arrêt J.Makoy, ou l'un des bus (1, 4, 25...) qui empruntent le boulevard d'Avroy, descendre à l'arrêt Sainte -Marie, remonter à pied la rue Sainte-Marie, passer sous l'autoroute: encore 200 mètres et vous y êtes.





